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MANGA et ANIME vus par  des passionnés

Blog de critiques et news sur les Manga, Manhwa, Manhua, Japanime et plus encore !

Natsuko no Sake / Tome 1

Manga Seinen d'Akira Oze (Le disciple de Doraku)

Série en 6 tomes doubles, (la série d'origine compte 12 tomes)

En cours de parution chez VEGA, 1 volume de disponible

Thèmes : tranche de vie, culture, drame

Synopsis :

Natsuko Saeki est une employée de bureau à Tokyo, mais elle ne s’épanouit pas dans son travail. Ses supérieurs ne voient en elle qu’une subalterne juste bonne à faire des photocopies et servir du café.
Un jour, son frère tombe malade et l’opportunité s’offre à elle de rentrer auprès de sa famille pour l’aider. Or Natsuko est issue d’une famille de modestes brasseurs de saké, et tente depuis des années de brasser un saké particulièrement savoureux et unique. Motivée par ce défi familial, Natsuko, remplaçant son frère, va se plonger corps et âme dans le travail du saké et tenter de se faire une place dans un milieu très traditionnel et dominé par les hommes.

Réussira-t-elle à brasser le meilleur saké du monde, issu d’un riz unique, réputé impossible à cultiver?

Natsuko no Sake / Tome 1

Dès que ce titre fut annoncé, je savais par avance qu'il me plairait, connaissant le travail de l'auteur sur "Le Disciple de Doraku", il me tardait d'avoir enfin en mains le premier tome, et lorsqu'il est arrivé, ô joie, c'était un volume double !

Akira Ozé,  a conçut ce Manga en 1988, le graphisme est donc marqué par cette époque et offre une note "old school" pas du tout désagréable. Pour préciser, je ne suis pas du genre à vouloir acheter-lire un Manga juste parce qu'il est vieux (et que je le suis aussi ?!) et que c'était de toute façon mieux avant. Mais certains traits d'auteurs très typés sont vraiment réjouissants et il est de plus en plus difficile de nos jours, de trouver des graphismes vraiment marqués dans la flopée de titre commerciaux aux dessins bien trop lisses et fades. C'est le marché qui veut ça, cependant je reste persuadée qu'avoir son identité propre et se démarquer avec un trait reconnaissable est une grande qualité pour un Manga, peut importe son année de création. 

Pour en revenir à Akira Ozé, j'ai adoré son titre : "Le Disciple de Doraku" malheureusement stoppé de parution par Isan Manga. J'espère de tout coeur que VEGA envisage une ré-édition, l'éditeur précédent ne détenant plus les droits, le même format-tarif que Natsuko serait simplement parfait pour faire découvrir cet auteur au plus grand nombre.

© 2016 Akira OZE / Kodansha Ltd. / VEGA pour l'édition française
© 2016 Akira OZE / Kodansha Ltd. / VEGA pour l'édition française
© 2016 Akira OZE / Kodansha Ltd. / VEGA pour l'édition française
© 2016 Akira OZE / Kodansha Ltd. / VEGA pour l'édition française

© 2016 Akira OZE / Kodansha Ltd. / VEGA pour l'édition française

Le retour aux racines,

Planter le riz légendaire à tout prix !

Natsuko revient dans sa famille après une longue absence, sa vie citadine et son travail l'ont éloignée du lieu de son enfance par obligation, mais aussi par choix d'émancipation. Ses parents sont brasseurs, ils fabriquent du Saké, un vin de riz japonais traditionnel qui est classé selon sa pureté. Comprenez par là que les Saké peu chers sont en réalité dilués avec plus d'alcool pour en réduire le coût de revient. Le degré de polissage du riz et la température de brassage ont eux aussi leur importance dans la qualité finale du produit, voilà pour le gros des explications.

Le frère de Natsuko rêve depuis l'enfance de créer un Saké dont le goût serait impossible à surpasser mais pour cela, il doit cultiver un riz très difficile à faire pousser, le Tatsu Nishiki, cette variété est en effet peu productive et fragile en comparaison aux riz habituellement utilisés dans le milieu du Saké, mais plus que tout ça, les semences de ce riz sont introuvables...

Pourtant, il a réussit à s'en procurer un peu, il suffirait donc théoriquement de le planter pour avoir dès la récolte, une quantité suffisante de semences pour le prochain semis et donc commencer la production d'un Saké à partir de ce fameux riz légendaire dans moins d'un an. Mais pour cela, Natsuko va avoir besoin de terres cultivables, et de main d'oeuvre, dans ce monde d'hommes où elle vient tout juste de faire ses premiers pas avec une variété considérée comme non rentable et trop risquée... Natsuko traîne aussi avec elle, une réputation de citadine, inculte aux métiers de la terre et du vin, mais elle possède deux atouts incomparables qui feront peut être bien la différence : sa motivation sans limite ainsi qu'un palais des plus précis !

Natsuko no Sake / Tome 1

Cette tranche de vie est un vrai bonheur à lire,

Elle offre la juste dose de drame pour diriger l’héroïne vers la voie qui lui est destinée !

Ce récit est vraiment très agréable à lire, non pas qu'il m'ait fait découvrir le monde du Saké pour lequel le Manga "Moyasimon" avait déjà bien décortiqué les multiples étapes et variétés, mais plus dans son ensemble, avec les difficultés liées à sa conception et plus particulièrement les inconvénients d'être une femme dans un milieu professionnel masculin très rétrograde.  Si l'on ajoute à ça que Natsuko présente des projets autres que le mariage, il n'en faut pas plus pour ébranler l'entreprise familiale très (trop?) traditionnelle.

La jeune femme trouvera tout de même des alliés de poids qui seront  soit à ses côtés dès le début ou se rapprocheront d'elle après avoir constaté le sérieux qu'elle met au travail. La motivation, le courage et son palais impressionnant font d'elle une femme née pour faire ce métier et ça elle compte bien le prouver envers et contre tous. Quel bonheur de lire des Manga qui mettent en scène des héroïnes japonaises pas "nunuches", des femmes fortes dotées de convictions quasi inébranlables, ça fait un bien fou, après lecture on se sent motivé nous même ! 

La construction du récit est quant à elle vraiment fluide et la narration équilibrée, pas de lourdeur ou de passages qui auraient mérité une meilleure mise en lumière, je n'ai pas vraiment de critique à faire sur le développement scénaristique. Le découpage est très classique, l’accent est mis sur l'aspect dramatique mais cela reste très modéré.

 Concernant les décors, ils sont plutôt soignés, au vu de la thématique et de la taille de cette série (6 volumes doubles), je m'attendais à moins d'efforts, et les expressions faciales des protagonistes paraissent pleines de franchise: on ressent vraiment leurs joies ou anxiétés. Là où ça me gêne un peu si je m'y attarde, c'est au niveau du mouvements, bien sûr on est pas en pleine partie de basse-ball, mais les personnages ont tout de même des poses très statiques et l'auteur a visiblement du mal à dessiner les cous ou alors ses personnages souffrent tous de torticolis tellement ils semblent coincés dans leurs positions. Je rajouterais les mâchoires larges et carrées qui passent moins bien sur les personnages féminins prenant alors des allures rustaudes parfois inesthétiques. Toutefois, ces détails ne sont pas flagrants et le style très marqué de l'auteur rattrape aisément ces petits défauts.

Concernant la fabrication, la couverture mate avec son coloris "vieux papier" est très en accord avec le contenu de l'ouvrage, la tranche ne se "casse" pas à la lecture malgré l'épaisseur du tome et le lexique du vocabulaire issu du Saké doit être très appréciable pour les néophytes. 

Pour finir, "Natsuko no Sake" fera partie de mon top 2019, VEGA nous a proposé plusieurs autres pépites cette année mais celui-ci est mon chouchou et j'espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à le lire, à en apprendre un peu plus sur le brassage traditionnel, et que vous suivrez Natsuko dans ses déboires pour créer LE Saké légendaire que son frère voulait tant produire.

Séverine 

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