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MANGA et ANIME vus par  des passionnés

Blog de critiques et news sur les Manga, Manhwa, Manhua, Japanime et plus encore !

La petite fille aux allumettes

La petite fille aux allumettes
La petite fille aux allumettes

Auteure : Suzuki Sanami (Black Rock Shooter-Inocent Soul)

D'après l'oeuvre originale de : Hans Christian Andersen

Editeur : Komikku

Type : Seinen

Genres : fantastique, surnaturel, magique

Nbr de tomes : 6 (série terminée)

© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo
© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo
© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo
© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo

© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo

La petite fille aux allumettes est l’histoire d’une jeune fille qui vend des allumettes à des passants, mais finit par mourir de froid dans la nuit du jour de l’an après avoir eu des visions inimaginables.

C’est l’histoire originale du conte d’Andersen, un récit magnifique qui met en avant l’abandon et la misère de l’époque, cependant, l’adaptation de cette auteure en manga est un peu différente.

Dans cette histoire, la fille aux allumettes s’appelle Rin et distribue à qui le souhaite ses allumettes magiques contre un an de vie.

Ici la flamme de l’allumette symbolise comme dans la véritable histoire la réalisation d’un vœu ou plutôt d’une chimère, cependant, un souhait peut revêtir bien des apparences et n’est pas sans conséquence.

De plus, elle n’est pas la seule a pouvoir réaliser les souhaits des êtres humains !

© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo
© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo
© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo

© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo

Argent, gloire, amour, beauté et pouvoir

Quand les êtres humains sont frustrés ou tourmentés par des désirs qu’ils ne peuvent pas réaliser ou n’arrivent pas à atteindre, elle apparaît, telle un fantôme afin de leur proposer ses allumettes chimériques.

Néanmoins, même s’il n’y a rien à payer il existe quand même une compensation importante à verser, à chaque boite d'allumettes qu’elle offre, la jeune femme prend en échange un an de vie.

Cette vendeuse d’allumettes magiques se fait appelé Rin, elle semble pouvoir apporter un certain bonheur jouissif, mais ce bonheur peut se révéler superficiel selon l’intensité et la portée du désir que la personne ressent.

Cette œuvre fantastique sous forme de petites histoires, par chapitres où elle offre ses boites magiques à des personnes avides de combler un bonheur qu’ils n’ont pas de façon illusoire au lieu de faire l’effort de le trouver par eux-mêmes.

A chaque fois, les divers personnages dont nous suivrons les déboires finiront par sombrer au fur et à mesure de leurs actes.

Les différents récits abordent tous un thème différent que ce soit la recherche du succès en amour, le désir de vouloir être reconnu(e), la jalousie, l’ambition ou encore vouloir conserver l’instant présent pour toujours.

Rin est à partir du moment où elle a donné ses allumettes, une simple observatrice qui nous permet à nous lecteurs, de suivre les péripéties du personnage et de sa descente aux enfers.

Cependant, tout ceci ne s’arrête pas qu’au petit marché de Rin, les chimères, c’est bien joli sauf que ce ne sont que des chimères autrement dit elles n’exaucent que ce que l’on pense au moment de les allumer.

De par son appellation « chimère », ce n’est pas réellement ce que l’on souhaite et ce n’est donc pas fiable, c’est pourquoi de la même manière que Rin vend ces allumettes, d’autres protagonistes font leur apparition avec une version bien plus aboutie, mais surtout bien différente.

© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo
© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo

© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo

Un désir cruel et éphémère

Chaque personnage représente ce que l’humanité désire le plus au monde : voir son vœu prendre vie, réaliser ses rêves et oublier ce qui nous est désagréable. 

Tout d’abord, il y a Chim une vendeuse de bougies qui est une connaissance pas très agréable de Rin.

Celle-ci vend des bougies qu’elle appelle des « lanternes magiques » qui réalisent les véritables souhaits, c’est-à-dire le rêve que l’on fait quand elle est allumée, c’est pour cela qu’elle rencontre ses clients dans leurs rêves.

Seulement, ce n’est pas sans danger et oui tout comme les allume-feux de Rin, il y a une répercussion tout aussi tragique que l’illusion des chimères.

Chim sera elle-même amenée à rencontrer les clients de Rin et les deux vendeuses confronteront leurs visions de la situation

 

Ensuite, il y a One et son festival de l’oubli qui se présente sous la forme de lampions comme ceux des festivals japonais, chaque lampion représente un souvenir.

Il suffit de souffler pour éteindre la flamme et comme par magie le souvenir disparaît, cependant, est-ce une bonne chose de tout oublier?

Ne dit-on pas que c’est équivalent à tuer une partie importante de notre être.

 

Pour finir, il y a Ren qui pour le coup vend une version ratée des produits de Rin, c’est la même fonctionnalité sauf qu’il y a toujours quelque chose qui cloche.

 

De plus, chaque épisode est accompagné par une petite morale glissée bien avant sous forme de comparaison par la petite Rin, une sorte d’avertissement qui sert à faire réagir le personnage avant qu’il ne soit trop tard.

Bien que chaque récit soit rapide et disparate, il y a parfois une continuité d’une petite histoire d’un précédent chapitre ou d’un précédent tome et la série ne tarie jamais d’explorer les tréfonds de l’âme humaine.

De plus, malgré le côté répétitif de la série au vu du schéma narratif, il existe quand même une petite révélation intéressante sur le passé de Rin et ce qui l’a amené à ouvrir son marché.

D'ailleurs, cette partie de son passé illustre parfaitement la véritable histoire du conte d'origine et fait penser aussi dans le même genre aux malheurs du personnage de Fantine dans les misérables de Victor Hugo.

Et comme dirais Rin « chimères, c’est un mot un peu désuet, mais le style rétro c’est à la mode ! »

© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo
© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo

© Sanami Suzuki 2014 / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo

MON AVIS :

Ce genre de récit est un classique à la manière de « la fille des enfers » qui réalise des vœux de vengeance contre la précipitation en Enfer du commanditaire du souhait.

Ou encore de « Perfect Crime » dans une version moins poussée et continuellement ces mangas mettent en avant qu’un souhait ou qu’une punition n’est pas toujours ce que l’on souhaite vraiment.

Il faut donc toujours être extrêmement vigilant quand on émet un souhait; on a beau avoir notre propre idée de ce que l’on désire mais les autres n'y voient pas la même chose que nous.

Chacun possède sa propre interprétation de ce qu’il désire et c’est parfois difficile à exprimer ou expliquer à autrui.

Sauf que dans ce manga de conte revisité, il ne subsiste pas de conséquence funeste à part les conséquences du vœu souhaité et de ce que la personne en fait par la suite.

Le récit offre une bonne morale ainsi qu'un univers bien développé, il recense des histoires plus belles que d’autres et qui ne finissent pas si mal pour la plupart.

La flamme prend une place importante dans beaucoup de symboliques surtout dans ces récits précisément.

Elle est de l’ordre de l’éphémère et même sans l’outil dont se sert la petite fille ou sans la présence de Rin, l’influence de la flamme se fait bien ressentir, cet élément clef occupe une place cruciale et variée selon à quoi elle est rattachée.

Quand on connait l’histoire dont est tiré le manga, on raconte que la jeune marchande d’allumettes, désespérée de ne pas arriver à vendre son produit décide d’allumer une allumette pour se réchauffer et là, par ce soir de nouvel an, elle se retrouve émerveillée par la flamme qui brûle devant ses yeux.

La flamme brille d’une telle intensité qu’elle laisse paraître des objets à travers le mur et chaque fois qu’elle en rallumait une autre, elle pouvait apercevoir d’autres choses.

Le Manga de Sanami Suzuki a parfaitement retranscrit la force de ce conte tout en inventant une histoire ainsi qu'un concept assez intéressant mettant en lumière des choses qui peuvent nous paraître évidentes, mais qui s’apprennent souvent à force d’erreurs et de sincérité.

Le format en petites histoires de ce genre de série est sympathique, mais peut vite lui trouver un défaut , c’est la rapide expédition ou conclusion de certains récits et il ne semble y avoir qu'un micro fil conducteur derrière, c’est un peu dommage de ne pas développer plus que cela et à force de connaitre le schéma narratif cela finit vite par devenir redondant.

Cependant, l’artiste conserve bien son univers et la série se terminant au bout  6 tomes ne lasse pas trop via son aspect répétitif.

La série aurait pu être un peu plus difficile à suivre même pour une histoire aussi intéressante en gardant son design si sympa si elle avait duré plus longtemps.

Il y a quand même quelques événements où cela se finit bien et d’autres où c’est extrêmement touchant comme celle du couple de personnages âgées avec le mari qui veut rester dans la jeunesse de son amour car cette dernière est malade ou encore celle avec le courageux Kurage un personnage qui finira par devenir une sorte d’assistant auprès de Rin et s’amusera également de certaines situations.

Quant au dessin, il est assez onirique et féerique, l’auteure possède un style bien à elle et joue beaucoup sur le faciès de ses personnages, les expressions sont variées et ne laissent pas indifférent tellement elle s'amuse à nous montrer des différentes versions de son style de dessin avec un côté assez psychotique qui reflète bien les problèmes à venir.

Tout au long de la série,  le découpage des cases se révèle original et assez sympa, mais son style peut aussi faire un peu mal aux yeux à force car l’auteure use beaucoup d’effets de dessin pour accentuer la situation ou encore la symboliser. Parfois, ces petits effets perdent le lecteur en route mais comme ce n’est pas utilisé trop souvent, ce n’est au final pas trop gênant.

Ayant aimé ce conte qui m’a beaucoup marquée, j’ai été ravie de lire une version manga aussi stylisée, rien que pour l’histoire et l’ambiance qu’elle dégage, je vous la recommande sans détours ! 

 

Chronique rédigée par Kamilis 

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